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Le porche de la grotte
est un maelstrom à la gueule bigarrée. Plus loin, dans la caverne, un
tourbillon hélicoïdal a figé son empreinte dans la pierre. Là où jadis
rugissaient les eaux, règnent à présent calme et silence. Et toutes les
couleurs sont demeurées prisonnières des ténèbres absolues de la grotte.
Elles y attendent leur élargissement.
Jean Truel est un peintre dont le tempérament s'apparente à la brise annonciatrice
des orages. Que ce soit dans une grotte, sur le papier, la toile ou l'aluminium,
à la surface même de la terre, il soulève la tempête. Dans les larges
touches de ses peintures, dans leurs couleurs primaires, on peut percevoir
l'énergie, la vitesse, l'impatience, voire la violence qui ont présidé
à leur création.
La caverne est un lieu froid, silencieux, totalement obscur. C'est un
néant susceptible d'engendrer n'importe quoi. Dans ses tableaux, Jean
Truel nous en fait découvrir une réalité rarement perçue, s'évertuant
à distinguer les couleurs des ténèbres, à rendre permanent cet aperçu
d'éternité latente que nous fournit l'obscurité de la grotte.
Le maelstrom nous précipite dans la spirale qui étend ses bras jusqu'au
point de fuite. Les oeuvres de Truel nous entraînent dans le monde des
couleurs, dans les abîmes tourmentés de l'espace intérieur. Lumière née
des ténèbres, formes nées du vide, ses images sont primordiales, élémentaires,
décisives. Elles existent dès leur point d'origine.
Jean Truel pénètre dans les profondeurs souterraines de son être et trouve
dans l'obscurité la lumière qui justifie sa raison d'être. Réjouissons-nous
qu'il sache si bien illuminer sa vision et nous en faire profiter.
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